Slainte Mhath
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 Il faut cultiver notre jardin

Voltaire,Candide

         

  "  Si quelquechose devait me manquer, ce ne serait plus le vin, ce serait l'ivresse "

 

 

CREDO

  "Je suis un mélange d'anarchiste et de conservateur, 
dans des proportions qui restent à déterminer"

  
Le Président
Emile Beaufort
(Gabin / Audiard)

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Moralité

Prends le bon chemin, 
Ne marches pas dans l'ombre, 
Suis ton instinct, 
Et n'aies peur de rien

                 MERZHIN

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Mercredi 31 janvier 2007

C'est au pied du mur que l'on voit le mieux le mur.

Jean-Marie Bigard, Les proverbes chinois.

      

               Le Sinn Fein ("nous-mêmes" en gaelique), principal parti catholique d'Ulster, dont on disait qu'il était la branche politique de l'IRA ou que l'IRA était sa branche armée, a accepté dimanche, au cours d'un vote historique, de reconnaître la légitimité de la police nord-irlandaise, la PSNI (Police Service of Northern Ireland), héritière de la Royal Ulster Constabulary (RUC). Les délégués levaient ainsi un obstacle majeur la reprise du processus de partage du pouvoir en Ulster.

 

Emblème du

Sinn Fein

 Gerry Adams

  leader du      Sinn Fein

Drapeau de l'Irlande du Nord

 

          Dans le passé, les catholiques ont toujours estimé que la police était partiale en faveur des protestants. C'est donc une étape importante dans le processus de paix entamé avec les accords dits du vendredi saint en 1998, tant la RUC a toujours été considérée comme le principal instrument de l'oppression  aussi bien de la part de ces calvinistes d'origine écossaise que de la part de l'armée britannique. Apparemment, les catholiques nord-irlandais ne se bousculent pas à l'embauche et  la police doit recruter son quota de fonctionnaires catholiques chez ...les Polonais.

 

 

        L'Irlande du Nord est divisée en deux communautés qui coexistent séparément sur le plan géographique comme sur le plan socioculturel. Il est impossible d'échapper à cette dualité. Un athée se dira athée catholique ou athée protestant. Leur vocabulaire est d'ailleurs différent et il vaut mieux en avoir conscience pour ne fâcher personne. Pour les catholiques, leur pays est l'Irlande du Nord, qui dans la perspective nationaliste doit être rattaché à l'Eire dont elle est séparée depuis 1921 (cf article du 1er décembre 2006 ). Les protestants, eux, habitent l'Ulster, une province du Royaume-Uni. Ils se disent loyalistes ou unionistes. Les catholiques habitent Derry quand les protestants habitent Londonderry (c'est aussi une chanson sympa de Julien Clerc, NDLR). Les protestants appellent les catholiques les papistes et un jardin mal entretenu est qualifié de jardin catholique.

          Chaque communauté a sa propre mythologie, ses propres faits d'armes, souvent paramilitaires, ses héros et ses martyrs qu'elle peint de façon plus ou moins artistique sur les murs de séparation entre les quartiers(les fameuses peacelines, par antiphrase) ou les façades.

                Côté protestant, c'est la fidélité à l' Union Jack ou à la reine d'Angleterre et la commémoration de la bataille de la Boyne qui vit la victoire de Guillaume d'Orange sur les catholiques en 1690. Les défilés orangistes début juillet sont interprétés comme des manifestations humiliantes de la suprématie protestante:

 

D'autres multiples exemples sur ce site de propagande orangiste  

Main        Cela me donne envie de faire un article sur Iron Maiden samedi mais cela n'a rien à voir Monstre.

 

 

 

 

 

                       Dans le quartier catholique du Bogside, à Derry (Londonderry), on commémore bien sûr le fameux bloody sunday du 30 janvier 1972, quand les parachutistes britanniques tuèrent 13 personnes au cours d'une manifestation pacifique.

 

 

             

          Les peintures murales célèbrent également les militants des droits civiques (à droite) ou les martyrs, comme Bobby Sands (à gauche), mort en 1981 après une grève de la faim, mais aussi les miliciens de l'IRA:

 A lire et à voir

Sean, soldat de l'IRA

un récit romancé écrit par un historien spécialiste de la question irlandaise: la spirale du terrorisme 

La manifestation de A à Z 

comme si vous y étiez 

Un chef d'oeuvre inspiré d'une erreur judiciaire.

A voir pour les acteurs, la BO exceptionnelle avec Bono et Sinead O'Connor mais aussi l'univers carcéral 

Je ne peux pas croire les informations aujourd’hui

Je ne peux même pas fermer les yeux et faire disparaître tout ça
Combien de temps, combien de temps devons-nous chanter cette chanson ?
Combien de temps ? Ce soir, nous pouvons être unis
Des bouteilles brisées sous des pieds d'enfants
Des corps qui jonchent une rue sans issue
Mais je n’écouterais pas le cri de guerre
Il me met dos au mur, dos au mur

Dimanche, dimanche sanglant
Dimanche, dimanche sanglant

Et la bataille vient de commencer
Beaucoup sont perdus, mais dites-moi qui a gagné ?
Des tranchées sont creusées dans nos cœurs
Et des mères, des frères et des sœurs déchirés

Dimanche, dimanche sanglant
Dimanche, dimanche sanglant


 

 

Combien de temps, combien de temps devrons nous chanter cette chanson ?

Combien de temps ? Ce soir, nous pouvons être unis
Ce soir, ce soir

Dimanche, dimanche sanglant
Dimanche, dimanche sanglant

Sèche tes larmes
Essuie tes larmes
Essuie tes yeux injectés de sang

Dimanche, dimanche sanglant
Dimanche, dimanche sanglant

Et c'est vrai que nous sommes immunisés
Quand les faits sont de la fiction et la télé la réalité
Et aujourd'hui des millions de gens pleurent
Nous mangeons et nous buvons tandis que demain ils mourront
La vraie bataille vient de commencer
Pour clamer la victoire remportée par Jésus
Un dimanche, un dimanche sanglant
Dimanche, dimanche sanglant

 

(article du 31 janvier 2007)

Dimanche 28 janvier 2007

Le commissaire Maigret est une sorte d' oeuvre collective

                  Jean Richard

 

          On a beaucoup cherché à impliquer Simenon dans la désignation des meilleures adaptations ou dans l'investiture du meilleur Maigret. Or, de son propre aveu, il s'est toujours désintéressé de la carrière de ses oeuvres, les adaptations mais aussi les romans, sitôt publiés, sitôt oubliés. Comme ses lecteurs, il oubliait le nom des personnages pour ne garder que quelques images. On peut trouver des témoignages contradictoires: Jean Gabin aurait eu ses faveurs, puis il félicite Jean Richard qui, contrairement à Gabin, sait fumer la pipe. Puis, il aurait dit que Jean Richard était mauvais et que Maigret ne se serait jamais présenté en disant, à l'américaine: "Maigret, police judiciaire !". Bref, beaucoup de on dit.

 

         Georges Simenon est photographié devant sa résidence suisse d'Epalinges, près de Lausanne, au milieu de panneaux des treize acteurs qui ont incarné Maigret au cinéma ou à la télévision (Paris-Match, 11 juillet 1970) :

 

De gauche à droite,

 

Albert Préjean : Signé Picpus (1942), Cécile est morte (1943), les Caves du Majestic (1944).

Gino Cervi : Maigret à Pigalle (1966) et dix-neuf adaptations à la TV italienne, de 1965 à 1968.

Michel Simon : Brelan d'as (1952).

Abel Tarride : le Chien jaune (1932).

Jean Gabin : Maigret tend un piège (1958), Maigret et l'affaire Saint-Fiacre (1959), Maigret voit rouge (1963).

Rupert Davis : cinquante-deux épisodes à la télévision de 1959 à 1963.

Charles Laughton : l'Homme à la tour Eiffel (1949).

Boris Tenine : adaptations à la TV soviétique, en 1969.

Pierre Renoir : la Nuit du carrefour (1932).

Harry Baur : la Tête d'un homme (1933).

Jean Richard : quinze adaptations TV (en 1970) depuis 1967.

Hans Ruehmann : Maigret fait mouche (allemand, 1966).

Ian Teuling : douze adaptations à la TV hollandaise, de 1965 à 1968

  

   

Quel est le meilleur Maigret ?  

        

       En 1957, dans un article de Ciné-Revue, Simenon déclarait " Le vrai Maigret sera mon ami Gabin". Il est vrai que comme tous les monstres sacrés du cinéma, à l'instar d'un Gérard Depardieu plus tard, Gabin peut imposer sa carrure à n'importe quel rôle. Maigret tend un piège (1958) est d'ailleurs devenu un classique. C'est finalement le propre du personnage de Maigret de pouvoir s'incarner de manière crédible en n'importe quel acteur disposant d'un charisme bonhomme et autoritaire à la fois. D'où la capacité de survie des séries télévisées. Il n'y a pas de Maigret définitif.  

 

 

 

          Pendant longtemps, j'ai suivi les enquêtes télévisées de loin. Je regardais les Bruno Cremer par hasard après les déjeuners d'  été, à l'heure de la sieste, et je m'endormais sur le canapé, en général au tiers du feuilleton, pour me réveiller dans le dernier quart d'heure. En effet, les épisodes ne durent pas loin d' une heure et demi et comme le rythme est plutôt lent... Alors, au lieu de subir le hasard des programmations, j'ai décidé de m' y intéresser à partir d'un enjeu: comparer les interprétations et les adaptations comme on déguste des bons crus (et quelques piquettes). Pour L' Affaire Saint-Fiacre par exemple, il est possible de comparer les versions avec Gabin, Richard et Cremer. J'ai choisi ici de me faire l'avocat de la série avec Jean Richard, ce qui ne revient pas à dénigrer les autres, loin s'en faut.

 

 La grande force des Jean Richard, c'est que Maigret y était notre contemporain.

                                                                                                                              John Simenon

 

        Contrairement à la version la plus récente, avec Bruno Cremer (1990-2005), il s'agit d'une France  filmée dans des décors réels et non une France reconstituée. Par exemple, Maigret a peur est tourné à Fontenay-le-comte, en Vendée, comme dans le roman. Créée en 1967 par Claude Barma sur Antenne 2 pour rivaliser avec Les cinq dernières minutes et le commissaire Bourrel, baptisé à l'époque "le Maigret du pauvre" (interprété par l'excellent Raymond Soupleix), la série correspond pour moi aux années 70, d'où une certaine nostalgie de ma part pour cette décennie de l'enfance que j'ai vécu sans conscience historique et que je me réapproprie à posteriori. Je voyais des bribes des enquêtes du commissaire Maigret chez ma grand-mère et je me souviens que l'on riait parfois avec mes oncles du débit saccadé de Jean Richard qui nous était sympathique tellement il jouait comme un cochon. C'est vrai que l'homme était sympathique, puisqu'à l'époque, il était surtout un grand directeur de cirque, avec comme spécialité mon numéro préféré: les fauves. En revanche, je réfute aujourd'hui le fait qu'il joue mal le commissaire Maigret. 

        Dans son autobiographie, Ma Vie sans filet, parue en 1984, encore disponible sur des sites de vente explique très bien sa rencontre avec le personnage. Cela relève du destin. Jean Richard, qui jouait dans des nanars le joyeux Binoche, le gars de Champignol, sorte d'aïeul des Deschiens a eu l'intuition que le rôle était fait pour lui . Jean Richard joue très bien le côté calme et rugueux du commissaire:

 

" Je l'ai appris, compris, subis parfois, intégrant ses habitudes et ses travers jusqu'à lui ressembler de l'intérieur. Il y a bien plus que la pipe et le chapeau entre nous"

         Soit Jean Richard a vraiment compris Maigret ("le seul rôle où je ne compose pas") soit il s'est imposé à mon imaginaire parcequ'il est le premier que j'ai vu dans le rôle. Il y a sans doute des deux mais Jean Richard évoque très bien les caractères du personnages.

 

" La méthode de Maigret, c'est de n'en avoir aucune. Il se laisse pénétrer par le milieu où le conduit l'enquête, hume, renifle, s'imprègne des gens et des choses. Les indices matériels l'intéressent moins que la mentalité d'un suspect. Il cherche le pourquoi plus que le comment [...]

Sa façon de fumer, de bourrer sa pipe, ponctue tous les grands moments de l'intrigue. Aux prises avec un suspect coriace, Maigret aspire nerveusement la fumée ou tasse son tabac à petits coups saccadés. Au bistrot, calme et heureux devant son verre de calva, il savoure voluptueusement chaque bouffée. Parfois, il lui arrive d'oublier de fumer tant la concentration est forte quand le coupable avoue. Il parle alors la bouffarde vissée entre les dents, ce qui est un art difficile. Témoin des moments de tension ou de détente, la pipe de Maigret est un petit personnage muet étrangement éloquent."

 

épisodes sur le site de l' INA

 

              Les meilleurs épisodes sont ceux tournés en noir et blanc. Pourtant le succès phénomènal ne viendra qu'après l'accident de voiture qui faillit lui coûter la vie , le 10 mai 1973. Le premier épisode tourné après, en 1974, Maigret et la grande perche, constitue un tournant. Jean Richard est pourtant plus empâté, avec des cheveux blancs. La couleur et les décors sont souvent criards, les effets de caméra, dignes des dessins animés japonais (plan fixes et  zooms avant-arrière), terriblement datés mais c'est tout le kitsch des années 70 qui en fait le charme. Le charme agit d'autant mieux que les épisodes ne repasseront plus à la télé et ne sont disponibles que sur abonnement ou en coffret. Les épisodes avec Bruno Cremer ont pris le relais et sont rediffusés très régulièrement, ce qui est très bon signe (cf tyrannie de l'audimat). Bruno Cremer est d'ailleurs un de mes acteurs français favoris. Certains épisodes sont très réussis. Il faut considérer les deux séries comme complémentaires. Jusqu'en 1990, Jean Richard a joué TOUTE la série des Maigret et certains épisodes deux fois.

 

 

La musique douce et nostalgique du générique 

   

Une ambiance typique: Maigret à la Coupole observe et traque un criminel dont il ignore l'identité

 

           L'un de leurs points communs, c'est l'importance des seconds rôles. Acteurs connus ou en devenir, ils participent à l'identité propre à chaque épisode: par exemple Tsilla Chelton (future Tatie Danielle) puis Christine Boisson en Madame Martin dans L'Ombre chinoise. Dans la série avec Jean Richard, Maigret a un vrai binôme en la personne de l'inspecteur Lucas (joué par François Cadet) tandis que Bruno Cremer est plus solitaire et plus brutal. On lui a adjoint son neveu à la fin, joué par Alexandre Brasseur.

          Les tentatives d' adaptations en BD n'ont pas été des réussites, l'éditeur, Claude Lefranq, a d'ailleurs fait faillite. Les décors de Paris sont néanmoins intéressants dans Maigret et son mort

 

Les partisans de Bruno Cremer ont un bon site

où l'on peut parler de Maigret en général

(article du 28 janvier 2007)

Vendredi 26 janvier 2007

 Stuart  Adamson

      

             Je dois rédiger bientôt mes deux premiers articles sur la musique celtique (folk irlandais + Bretagne) et je dois commencer par le groupe qui, le premier, a éveillé en moi le goût pour ces sonorités aigües. En 1982-1983, le groupe écossais Big country sortait son premier hit, In a big country, et la sonorité du rif de guitare sonnait comme une cornemuse électrique, type de sonorités que l'on retrouve sur l'exceptionnel Black rose de Thin Lizzy (cf article ).

 

In a big country dreams stay with you
Like a lover's voice fires the mountainside
Stay alive

 

            Déjà, je pouvais mesurer  tout le potentiel rock de ces instruments traditionnels mais je devrais finalement attendre les Pogues (cf article) pour m' immerger dans l'univers de la musique celtique. J'allais aussitôt me procurer le 45 tours à la FNAC mais trop tard puisque j'achetais par erreur le disque suivant, Fields of fire, extrait du même album, The Crossing. Je restais donc avec l'air dans la tête et il m'a fallu attendre 1990 pour acheter le best of du groupe, par ailleurs assez méconnu en France: Through a big country. Je découvrais alors seulement les excellents titres comme ChanceWonderlandOne great thing ou Just a shadow et son final crescendo.

Just a Shadow (live mais son pourri)


Still the promise comes of living fit for all
If we only get our back against the wall
I look at backs that pushed the wall for years
Scarred by many knives and too much fear

lien: www.bigcountry.co.uk

        On peut retrouver ce type de sonorités dans le titre de Matmatah, Lambe an dro:

 

par Slainte Mhath publié dans : musique
 
 
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