Game Over

Article interdit aux moins de 18 ans
La vraie peur, c'est quelque chose comme une réminiscence des terreurs fantastiques d'autrefois
Maupassant
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Certains ne supportent pas les films qui font peur (horreur, fantastique), d'autres en ressortent plus ou mois traumatisés, d'autres enfin en rigolent engore. Je me situe entre les deux dernières tendances. Qu'est-ce -que nous cherchons exactement à exorciser ? Nos peurs ancestrales, nos peurs d'enfants ? Sommes-nous pervers ? Dans l'impossibilité d'apporter une réponse claire, je vais repasser le film de ma fascination-répulsion.

Avant d'arriver à l'âge légal pour voir des films d'horreur (13 ans à l'époque mais 12 en resquillant), deux images me restent en mémoire. La première à l'âge de 6 ans, en 1975, est l'affiche des Dents de la mer à l'entrée d'un cinéma du boulevard du Montparnasse à Paris. J'y pense encore à chaque fois que je prends un bain de mer. Quand j'ai enfin pu voir le film, vers 16 ans, au cinéma L'Escurial, cela a été l'accomplissement d'un vieux fantasme. Afin de m'y préparer, je considérais à l'époque Roy Sheider comme mon acteur préféré.
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Ma deuxième expérience de terreur a eu lieu dans un train fantôme de la foire du trône quand j'étais en CM2. A l'époque, je ne savais rien de cette attraction et il y avait au milieu du parcours un gorille qui montait derrière le wagonnet en hurlant en touchant les têtes. J'ai terminé le parcours caché sous le siège. Evidemment, quand je retourne aujourd'hui dans un train fantôme (avec mon fils de 6 ans qui en a vu d'autres!), je me trouve un peu ridicule.
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Un bon film d'horreur, c'est d'abord une bonne affiche et un bon sous-titre (exemple: L'ascenseur - par pitié, prenez l'escalier !). Le premier que j'ai vu s'appellait Happy Birthday -souhaitez de ne jamais être invité. J'avais 12 ans (1981) et je devais voir Mad Max avec ma mère. Le film étant interdit aux moins de 18 ans et devant mon désarroi, elle s'est sacrifiée. Celui-là n'était qu'interdit aux moins de 13 ans et j'ai encore quelques images en tête dont bien sûr la magnifique affiche.

Il faut absolument voir ce genre de films en salle, dans le noir. D'où ma chance de les avoir vu dès leur sortie ou leur ressortie. Il y eu coup sur coup The Thing- d'un autre monde...-de John Carpenter (1982) avec des trucages spectaculaires d'avant le numérique (cf ci-dessous, les plus fêlés peuvent faire des clics droits pour le full screen). Sorti en 1983 Evil Dead de Sam Raimi constitue un tournant, comme avait pu l'être La Nuit des Morts-Vivants avec aussi un final qui vous claque la porte au nez. Tourné par des jeunes surdoués sans moyens, le film eut l'impact qu'aura, dans le même style, Le Projet Blair Witch , en 1999.
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J'ai eu également le bonheur de découvrir en salle - en seconde et en première- les deux plus grands chefs d'oeuvre selon moi dans le genre fantastique et horreur:
ALIEN
le huitième passager

Dans l'espace, personne ne vous entend crier
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SHINING
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Un bon film doit vous faire passer une mauvaise nuit. Pour Shining, Stanley Kubrick, comme toujours a été attentif autant aux images qu' à la musique et qu'à la bande-son: l'image du torrent de sang qui sort de l'ascenseur, le tricycle qui roule alternativement sur le tapis (ffffffff) et sur le parquet (rrrrrrr), le passage devant la porte de la chambre interdite dont on sait qu'à un moment on y entrera et bien sûr le délire progressif d'un Jack Nicholson au sommet de son art. J'aurais voulu voir dans cette folie une réflexion sur l'isolement, la frustration de l'écrivain en mal d'inspiration. La photo de la fin devait poser des questions et non apporter une réponse. Les fantômes qui hantent l'hôtel sont-ils le fruit de l'imagination aliénée de Jack ? Kubrick m'a déçu en apportant une réponse claire dans la biographie que lui a consacré Michel Ciment. Quelqu'un ouvre la porte du garde-manger dans lequel Jack a été enfermé. C'est donc la preuve que l'hôtel est bien hanté.
Dans un bon film, il faut aussi un endroit angoissant, au moins une scène d'anthologie ou un tueur emblématique qui peut devenir un (anti)héros récurrent, car même le chapitre final appelle une suite (jusqu'à 10 vendredi 13 !): halloween, Jason, Leatherface, Freddy Krueger,...
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La série Scream de Wes Craven réussit le pari de respecter les règles du genre tout en étant une parodie de cet univers de teenagers. La première scène du premier opus est particulièrement bien réalisée.
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Le Gore n'est pas mon style préféré à moins de le voir comme une parodie. C'était la force de la Nuit du cinéma fantastique au Grand Rex où toute la salle participait dans la tradition du Rocky Horror Picture Show. Je me souviens d'une séquence où des vers dévoraient un cadavre pendant que la salle entonnait Les Animaux du monde: la lalala lalala lalalala la lalalala la lalalala...
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20 secondes |
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10 secondes la douleur commence |
15 secondes vous étouffez |
vous explosez |
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Quelque chose me pousse en revanche à voir tous les films de mort-vivants, alors que la plupart du temps j'en sors généralement déçu. Les films de George A. Romero, le pionnier du film d'horreur, jouissent d'ailleurs toujours d'excellentes critiques. On en fait des allégories sociales ou politiques: la société de consommation avec les centres commerciaux de Zombie, ou la fracture sociale dans Land of the dead sorti en 2005.
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SHAUN OF THE DEAD |
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Une comédie romantique avec des zombies |
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Au final, les films qui sont encore capables de me terrifier sont les histoires de revenants. Deux chefs d'oeuvre ont été tournés coup sur coup (2000-2001), avec des scénarios exceptionnels jusqu'à la fin car le plus difficile pour un film d'horreur est de tenir la distance et de surprendre en innovant.
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| Sixième sens | Les Autres |
Bonne nuit à tous

Aimons la neige ! Sinon, nous risquerions de briser notre équilibre poétique et d'oublier notre condition humaine.
Francis Bossus

La plus belle des journées d'hiver, c'est un paysage couvert de neige, une température légèrement négative et un ciel bleu azur. Cette journée idéale se fait de plus en plus rare. Même en février, même en montagne, il n'est plus garanti d'avoir de la neige partout. Il est heureusement encore possible de se replonger dans les tableaux de Claude Monet.




http://les.impressionnistes.ifrance.com
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Celtie,
au croisement des peuples du Nord et du Sud,
aux confins du vieux monde et du nouveau monde,
aux frontières de la terre et de la mer,
à la limite du monde visible et du monde invisible...
Délivrance
Impossible de ne pas commencer par Alan Stivell pour évoquer la section Bretagne de la musique celtique. Son influence est historique et primordiale mais c'est aussi grâce à lui que je suis passé de l'Irlande à la Bretagne à l'âge de 18 ans (1988). J'avais acheté un 33 tours de musiques traditionnelles bretonnes qui a été ma prise de contact, outre évidemment Souchon et son Bagad de Lann-Bihoué. Un peu plus tard, lors d'une Nuit du cinéma fantastique au Grand Rex, la scène d'un film montrait un individu en transe sur un morceau endiablé de violon irlandais (fiddle). C'est alors qu'un spectateur s'est mis à prononcer - tout fort comme c'était la tradition dans ce festival participatif - le nom d' Alan Stivell que je connaissais vaguement. Intuitivement, je comprenais le lien qu'il pourrait y avoir entre la transe et la musique bretonne. Aussitôt, j'achetais son best-of dans une cassette Master serie. J'y découvre ses hits dont Tri Martolod, hélas sali depuis par un pseudo groupe de rap celtique. Ses chansons comme ses instrumentaux ont parlé à mon imaginaire de balladin du monde occidental que j'ai tenté de traduire dans ce petit montage d'initiation:
Né en 1946, Alan Stivell est le pionnier du retour
de la harpe celtique. C'est une sorte de Mozart du genre? A l'âge de 9 ans, il donne son premier récital et passe même en première partie de Line Renaud à l'Olympia en 1955 ! Il
apprend également à jouer de la bombarde puis de la cornemuse. Il perçoit néanmoins qu'à l'heure du rock n'roll, il faut sortir des bagads pour faire du "folk-rock breton". Son père lui
confectionne une harpe plus petite avec un son plus proche de la guitare. Il connait le succès en 1970 avec l'album Reflets et un "tube" l'année suivante, Pop Plinn, sur l'album instrumental Renaissance de la harpe
celtique.
L'artiste s'est entouré d'un groupe, le son des spectacles est plus électrique, notamment avec la guitare de Dan ar Braz. Le concert de février 1972 à l 'Olympia est devenu légendaire, sorte de woodstock - toute proportion gardée- de la musique celtique. Dans la foulée, le Live se vend à 1,4 millions d'exemplaires, avec la superbe Suite sudarmoricaine. Tout au long des années 70, la musique celtique devient un phénomène de mode. Pour moi, à part l'occupation du Larzac, il n'y a pas plus années 70 que les paroles de Délivrance. Les paroles sont datées mais la musique reste géniale.
Voici venu le temps de délivrance
Loin de nous toute idée de vengeance
Nous garderons notre amitié avec le peuple de France
Mais nous abattrons les murailles honteuses
qui nous empêchent de regarder la mer
Les miradors qui nous interdisent nos plus proches frères
de Galles, d'Ecosse, d'Irlande
Et nous, dont le nom est connu des goëlands et des cormorans,
fut banni de tous les langages humains,
de toutes les bibliothèques, de toutes les cartes terrestres
Nous ouvrirons nos cœurs
de paysans et de marins-pêcheurs à tous les peuples
de la planète Terre
Et nous offrirons nos yeux au Monde
Est-ce prétentieux de nous croire égaux ?
Est-ce trop demander que de vouloir vivre ?
Nous ferons tomber la pluie sur le monde meurtri
Et nettoyer le sang graisseux dont se nourrissent
les soi-disant puissants
Et donner à boire aux assoiffés de justice
Et les feuilles repousseront de Bretagne en Espagne
du Mali au Chili, d'Indochine en Palestine
Bretagne, centre du monde habité, tu seras un
refuge pour les oiseaux chassés pétrolés
Pour les femmes torturées en prison
Pour les vieillards bombardés...
De 1973 à 1980, Alan Stivell produit pratiquement un disque par an. La mode celtique retombe dans les années 80 où je commence quant à moi à la découvrir, libérée de ses scories gauchistes contingentes. Après The Mist of Avalon en 1991, l'album Again (1993) est celui du renouveau. La vague celtique déferle à nouveau dans les années 90, avec plus de métissage, de "world music", ce qui convient bien aux expériences d' Alan Stivell. Comme il dit "la musique celtique est de venue un genre musical au même titre que le jazz ou le blues." L'album Brian Boru (1995) est un superbe résultat avec deux de ses titres que je préfère, le morceau éponyme et Mairi's wedding (extraits) . Son dernier album, Explore date de 2006.
Festival des vieilles charrues (2000)
Tri martolod yaouank... la la la...
Tri martolod yaouank i vonet da veajiñ (bis)
Trois jeunes marins, tra la la...
Trois jeunes marins s'en allant voyager
(Article
du 17 février 2007)



























