Game Over

Nous sommes transportés dans une autre dimension, une dimension faite non seulement de paysages et de sons mais surtout
d’esprits. Un voyage dans une contrée sans fin dont les frontières sont notre imagination. Un voyage au bout des ténèbres où il n’y a qu’une destination :
The
La Quatrième Dimension est une série incontournable. Elle me rappelle l'époque délicieuse de Temps X des frères Igor et Grichka Bogdanoff entre 1980 et 1985. L'avantage est que les épisodes sont indépendants et ne durent qu' 1/2 heure. Cette anthologie fantastique qui a le charme du noir et blanc est l'oeuvre de Rod Serling. Elle a été diffusée entre 1959 et le 1964 sur CBS et en France à partir de 1965 sur la première chaîne de l'ORTF. Son but était « de frapper le téléspectateur, de le choquer par la chute toujours inattendue, surprenante et singulière de chacune de ces histoires ». La série compte 156 épisodes dont 18 de 50 minutes à ne pas confondre avec la suite en couleur diffusée en France dans les années 80 sous le nom de Cinquième dimension.
Outre le plaisir équivalent à la lecture d'une bonne nouvelle fantastique, j'apprécie la dimension métaphysique de la série, sa morale sur la condition humaine. Il y a des thèmes récurrents comme la solitude, le destin, la mort. Ces abstractions sont parfois incarnées par un personnage: Mr Death, Mr Chance,... Les débuts de futurs grands comédiens participent aux heureuses surprises des épisodes: Robert Redford, Charles Bronson, Burt Reynolds, Martin Landau, Peter Falk, Patrick Mac Gee,...
Voici pour se mettre l'eau à la bouchele résumé de quelques uns des premiers épisodes de la saison 1 que je regarde actuellement:
Une ancienne star de cinéma ne vit plus que dans les rêves de ses succès passés.
Un nostalgique se retrouve dans la ville de son enfance.
Un hypocondriaque vend son âme au diable contre un million d'années d'immortalité.
Un homme possède le don incroyable de changer de visage, mais il en abuse.
Un homme d'affaires découvre que sa vie est en réalité un film. Il peut choisir de rester ou de sortir du scénario.
Une jeune automobiliste est prise de panique lorsqu'elle s'aperçoit que le mystérieux auto-stoppeur qu'elle vient de dépasser est à nouveau devant elle.
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J'aimerais bien revoir également la série Le Voyageur (The Hitchhiker) qui
me faisait bien flipper le samedi soir (85 épisodes de 26 minutes diffusés en France à partir de 1986), avec sa petite morale à la fin énoncée par l'auto-stoppeur.
Cliquez sur l'image pour voir le générique
«J'ai voulu dire que Paris est une ville plurielle et que tous ces personnages de races et de milieux différents font qu'elle existe. Il y a cela dans Le Spleen de Paris
de Baudelaire… Une ville, c'est sans queue ni tête!»
Cédric Klapisch
Cédric klapisch est le cinéaste qui traduit le mieux les caractéristiques de notre époque. Dans 50 ans, pour
comprendre les Français voire les Européens du début du siècle, leurs mentalités comme leur vie quotidienne, on pourra voir un Klapisch. Par exemple, le film montre
bien les usages du téléphone portable, comme le texto. L'idée de départ du film est formidable et s'inspire d'une expérience du réalisateur lui-même. Un copain devait se rendre à l'hôpital sans
savoir s'il en ressortirait vivant. Sur le trajet, il pensait aux passants qui n'avaient pas assez conscience de leur bonheur. Le plus frappant, c'est que deux mois après, il n'arrivait déjà plus
à se remettre dans cet état d'esprit. Le film parle donc de choses aussi essentielles que la vie et la mort (symbolisée par le cimetière du Père Lachaise). Même ce qui paraît superficiel est en
fait fondamental.
La construction du film est par ailleurs assez classique: des destins parallèlles qui se croisent sans toujours se
rencontrer. On reconnaît là l'influence du Robert Altman de Short Cuts et le goût de Klapisch pour les constructions kaléidoscopiques
comme pour l'urbanisme. Le film est donc aussi un hymne à Paris, une promenade dans ses quartiers les plus connus: Tour Eiffel, Sorbonne, Palais Royal, Montmartre, Pigalle, Rungis,... Toutes les
catégories sociales sont représentées: bobos, intellos ou bimbos, ingénieurs, étudiants, commerçants, SDF, clandestins,...En revanche le débat sur le déclin d'un Paris populaire n'est
qu'effleuré. Chaque acteur est au top de son art: drôlatiques comme Karine Viard en boulangère, Fabrice Lucchini en Fabrice Lucchini (bon cru) ou profonds
comme Juliette Binoche en employée de la Sécurité Sociale et Albert Dupontel en maraîcher (mes préférés dans le film).
Le film offre le même effet jubilatoire que tous les Klapisch: de multiples scènes très courtes. Ma préférée est
la séance de psychanalyse de Lucchini. C'est un film dont on aime discuter et que l'on aimera probablement revoir comme Le Fabuleux destin d'Amélie
Poulain, autre film jubilatoire et optimiste à Paris.
Egérie du milieu underground new
yorkais, rock critique, actrice, auteur pour d'autres comme Blue Öyster Cult ou encore poétesse (fan de Rimbaud), Patti Smith est une
artiste complète et cultivée qui est devenue la première vraie " rockeuse " de l'histoire (après Janis Joplin et Joan Baez, à débattre).
Son premier album Horses sort en 1975 puis un deuxième en 1976 ,
Radio Ethiopia , un peu plus difficile d'accès avant le phénoménal Easter en 1978 dont le tube Because the
night co-écrit avec Bruce Springsteen. Sur l’album suivant, Wave (1979), se trouve le hit Frederick en
hommage à son mari Fred "Sonic" Smith, l’ancien guitariste de MC5. Elle se retire alors de la scène musicale pour élever ses enfants et ne refait son
apparition qu'en 1988 avec Dream Of Life. Sa carrière connait alors une nouvelle interruption après la mort coup sur coup de son mari et de son frère. L'album
suivant, Gone Again (1996), en est la conséquence sombre et mélancolique. En 1997, le Patti Smith Group sort Peace And
Noise, qui marque le retour au son de ses premiers albums. Les mêmes se retrouvent sur Gung Ho (2000), suivi en 2004 par
Trampin' , très marqué par la guerre en Irak. Patti Smith y affirme son pacifisme et sa voix elle-même prend des accents à la Joan
Baez. En 2007 sort un album de reprises, Twelve. Les concerts de Patti Smith (61 ans) sont rares mais toujours très attendus.

Frederick
name of care
fast asleep
in a room somewhere
guardian angels/up above
on the one I love.
www.pattismith.net/intro.html



