Game Over

... fire in the sky
![]() |
Concert de Deep Purple lundi soir dernier à Beauvais. C'est typiquement le genre de concert que j'aurais pu rater (merci Serge
). Avec la mode des groupes des années 70 qui se reforment, le risque est grand de briser les légendes en sombrant dans le pathétique. Et là, incroyable... Un groupe sympa, ni blasé ni suffisant, au meilleur de sa forme, avec ce son identifiable entre tous (notamment à cause de l'orgue) auquel s'ajoute la puissance des moyens modernes (écran, sono qui m'a laissé sourd d'une oreille pendant 24 heures). Il y avait sur scène les historiques Ian Gillan, Roger Glover, Ian Paice ainsi que le claviste Don Airey (Jon Lord ayant pris sa retraite en 2002) et un excellent guitariste, Steve Morse, qui nous a fait un medley des meilleurs riffs: Hendrix, Led Zep (whole lotta love), Aerosmith (walk this way),Steppenwolf (Born to be wild)...
C'est un espace-temps irrationnel de penser que j'avais 3 ans au moment de la sortie de Machine Head et qu'à 37 ans j'assistais à un concert des pères fondateurs du Hard-Rock. Cela ne m'étonne guère que le groupe ait la réputation d'avoir enregistré un des meilleurs Live de tous les temps, Made in Japan (1972).
![]() |
![]() |
Je dois de toute façon beaucoup à Deep Purple dans mon initiation au Hard-Rock mais par des moyens détournés. J'ai en effet commencé à acheter des albums de Rainbow, le groupe de l'ex-guitariste, aussi génial que caractériel, de Deep Purple Ritchie Blackmore. J'achetais en 1983 l'album Bent out of shape dont j'écoutais les titres Can't let you go et Street of dreams en boucle. Dans la foulée, je me procurais l'album Difficult to cure avec le hit I Surrender. D'aucun trouverait ces albums trop FM. Pas de problème, en 1984, Deep Purple se reformait (sans Blackmore) pour l'excellent album Perfect Strangers.
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
Et maintenant, place au meilleur riff et à la meilleure intro de l'histoire du rock !
Smoke on the water
We all came out to Montreux
On the Lake Geneva shoreline
To make records with a mobile
We didn't have much time
Frank Zappa and the Mothers
Were at the best place around
But some stupid with a flare gun
Burned the place to the ground
On nous cache tout, on nous dit rien...
Jacques Dutronc

Espionnage, services secrets, renseignement...Si j'ai bien une passion, c'est celle là. Connaître les coulisses de la raison d'Etat, dénouer les fils des scénarios les plus embrouillés, des coups les plus tordus, voilà qui permet de connaître l'envers du décor politique comme les mécanismes retors de l'âme humaine. Non pas que le secret soit le moteur de l'Histoire, ce qui nous ramènerait à la bonne vieille théorie du complot, mais il permet d'appréhender une autre réalité, ignorée par l'Histoire universitaire, limitée (à juste titre) par le statut de la preuve.
La démocratie, ce n'est pas la transparence et la vérité clé en main. C'est la possibilité d'y accéder en recoupant les sources, parfois éparses mais disponibles quelquepart. C'est là que le journalisme d'investigation prend toute sa dimension.
|
|
Mon émission culte est Rendez-vous avec X sur France-Inter, chaque samedi, entre 13H20 et 14H. Depuis le début (il y a une dizaine d'années !), je ne rate aucun épisode. Avant le podcasting, c'était même très contraignant. J'ai été jusqu'à écouter l'émission sur Carlos en pique-niquant au sommet des pistes de ski.
Selon la légende, Patrick Pesnot, écrivain, journaliste, travaillait à la Bibliothèque de l'Arsenal quand X est venu s'asseoir à côté de lui et, mine de rien, a engagé la conversation… La suite serait cette aventure que propose France Inter. Une série d'entretiens sur des affaires du XXème siècle à nos jours, que vous connaissez tous… Mais X, lui, connaît les secrets que dissimulent ces dossiers. Et que l'Histoire, l'Histoire officielle, a curieusement passés sous silence. En somme, ce que X propose, c'est de révéler les dessous des cartes et de passer de l'autre côté du miroir… Comment X a-t-il pu pénétrer ces secrets ? Mystère. Ce que l'on sait seulement, c'est qu'il a beaucoup flirté avec les services spéciaux. Sans doute a-t-il aussi occupé des fonctions politiques, lesquelles ?…
Voilà pour la présentation de France-Inter. Je crois pour ma part que Monsieur X est un acteur. J'ai reconnu sa voix grave et profonde dans l'émission Questions pour l'histoire. Le scénario s'appuie sur des connaissances complètes et précises tirées souvent d'ouvrages récents. J'ai même enregistré la seule émission diffusée sous forme d'enquête télévisée sur Les Tueurs fous du Brabant, une incroyable histoire en Belgique au milieu des années 80. Monsieur X y apparaît de profil, dans la pénombre et dans un parking, comme il se doit.
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
|
|
Etats-Unis = CIA - FBI - NSA |
URSS = KGB |
GB = MI 5 - MI 6 |
France= DGSE - DST - RG |
Israel = Mossad - Shin Beth |
|
|
|
|
|
|
Les grands services de renseignement distinguent les fonctions d'espionnage et de contre-espionnage. Ci-dessus quelques livres ou films parmi la masse car l'espionnage a été une extraordinaire source d'inspiration pour le cinéma, particulièrement la CIA et le KGB. Graham Green reste mon préféré et Notre Agent à La Havane a un côté parodique sur le thème de l'intox. Il y a moins de bonnes choses sur les services français. Sur la Piscine (le SDECE), je recommande néanmoins le livre de Vladimir Volkoff, Le Berkeley à cinq heures.
Pourtant, l'espion est souvent l'anti-thèse d'un James Bond. Les services américains ont dénombré quatre grandes motivations chez les taupes: l'argent, l'idéologie, la contrainte et l'ego: MICE (money, ideology, constraint, ego). Certains espions sont devenus légendaires comme Kim Philby, tout comme certains officiers traitants, tel Markus Wolf, chef des services de renseignement de la RDA (HvA), qui a inspiré à John Le Carré la figure de Karla, l'ennemi de Smiley.
![]() |
![]() |
| Kim Philby | Markus Wolf |
Impossible ici de faire l'inventaire des histoires vraies et des fictions sur le sujet. Il faut s' y plonger au hasard des rencontres avec le sentiment jouissif d'en savoir plus que les autres. Juste quelques conseils de lecture et deux films excellents avec mon acteur préféré, Lino Ventura. Espion lève-toi est d'ailleurs mon film culte: suspens et retournements de situation, dialogues excellents signés Michel Audiard + musique d' Ennio Morricone + mes acteurs favoris: outre Lino, Michel Piccoli, Bruno Cremer, Bernard Fresson. Merci également à Eric Rohmer pour avoir ressorti un fait divers bien tordu dans le milieu des Russes blancs à Paris en 1936, sur fond de relations germano-soviétiques très troubles.
![]() |
![]() |
![]() |
|
![]() |
Espion, lève -toi
lien: Portail du renseignement
A chacun, l'âge venu, la découverte ou l'ignorance.
Morvan Lebesque
|
|
|
Crée en 1970, Tri Yann est l'un des groupes les plus actifs et le plus rassembleur du rock breton ou plus exactement du folk-rock celto-médiéval, comme ils se définissent eux-mêmes. Les anniversaires de ce groupe de troubadours des temps modernes s'enchaînent sans que le public ne se lasse ni ne vieillisse: 15 ans (premier anniverscène), 25 ans, 35 ans...
|
|
|
A l'origine, les trois Jean de Nantes ( Tri Yann an Naoned) étaient quatre, comme les mousquetaires: Jean-Louis Jossic, Jean Chocun, Jean-Paul Corbineau et Bernard Baudriller. Après le succès des années 70 et le ressac des années 80, je les ai découvert à l'époque du renouveau, après la tournée inventaire des 25 ans (extrait live ci-dessous) qui coïncidait en 1995 avec la sortie de l'album Portraits et ses morceaux très complets et très inspirés sur l'affaire Seznec (voir article du 15 décembre 2006). Parallèlement, j'écoutais au casque à la FNAC le CD Master Série. Le duo de guitare électrique et de bombarde sur La Jument de Michao, précédée par le manifeste de Morvan Lebesque sur l'identité bretonne m'ont fait entrer dans une période Tri Yann qui a duré 5-6 ans. Les inventaires (volume 1 et 2) puis l'album Le Pélégrin (2001) étaient des albums à écouter en boucle. Avec Marines (2004), qui comporte de bons morceaux, j'étais passé à autre chose.
|
|
|
|
|
|
Tri Yann, est d'abord un grand groupe de scène, aux tournées sans fin. J'ai pu parfois les voir jusqu'à plusieurs fois par ans: en décembre 1995 au Bataclan, en mai 1996 à l'Olympia ( je me souviens qu'à l'époque, c'était vite sold out), en concert gratuit plein champ à Saint-Molf dans la Brière en août 2000, au Zénith (trop grand pour eux) en mars 2001. Je garde un souvenir mythique du Bataclan avec une entrée en scène bien ficelée: instrumental dans la pénombre puis surgissement des trois Jean sur Les Prisons de Nantes . A la longue, les sketchs drôlatiques de Jean-Louis Jossic peuvent lasser au bout de la troisième écoute. J'aime néanmoins son charisme et sa simplicité mais moins ses goûts de chiottes en matière de vêtements ou de déguisements. Je préfère le style et la voix voluptueuse de Jean-Paul Corbineau. Les musiciens polyvalents qui ont toujours été bien choisis donnent aussi au trio sa puissance scénique.
Dernier concert vu: La Baule, concert gratuit le 22 août 2007.
|
| De gauche à droite: Jean-Paul, Jean-Louis et Jean |
Les chansons de Tri Yann reprenaient dans les premiers albums des airs traditionnels (comme Pelot d'Hennebont, Cad E Sin Don Te Sin, Les Filles des forges , Maluron Lurette, Quand la bergère),avant d'étoffer leur répertoire en composant ou en adaptant entre autres des gwerz, ces ballades ou complaintes, racontant une histoire, souvent triste (La Complainte de Yuna Madalen) depuis l'anecdote (A Mâtines à la télé) jusqu'à l'épopée historique (Song for ye Jacobites, Arthur Plantagenest) ou mythologique (Korydwen et le Rouge de Kenholl). Certaines intègrent des éléments d'actualité comme Aloïda ou la superbe Geste de Sarajevo. J'aime aussi le caractère poétique, très Renaissance, de Si Mors a mors...
Si les matins de grisaille se teintent
S'ils ont couleur en la nuit qui s'éteint
Viendront d'opales lendemains
Reviendront des siècles d'or cent fois mille et mille aurores encore.
...ou encore le superbe hommage à l'école de Pont-Aven, courant breton de la peinture post-impressionniste, sur Madeleine Bernard .
|
|
|
Merveille : chêne
rouge cerclé d'ébène
Et pommier bleu au jour levant.
An Alarc'h
|
Eunn alarc'h, eunn alarc'h tre-mor, War lein tour moal kastel Arvor ! |
Un cygne, un cygne d'outre-mer, |
|
Dinn, dinn, daon ! dann emgann ! dann emgann ! Oh ! Dinn, dinn, daon ! dann emgann a eann ! |
Dinn, dinn, daon ! au combat ! au combat ! Oh ! dinn ! dinn ! daon ! Je vais au combat. |
Discographie
Dernier album: Abysses (2007)
(article du 24 mars 2007)


























