Slainte Mhath
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Moralité

Prends le bon chemin, 
Ne marches pas dans l'ombre, 
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Et n'aies peur de rien

                 MERZHIN

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Mercredi 30 mai 2007

"Agatha Christie a tout inventé : thèmes, personnages, mécanismes. Depuis cent ans, nous ne cessons d'écrire de simples variations sur ses oeuvres."

                                                                                           Jean-Christophe Grangé

 

 

 

          Après Maigret (articles des 20, 24 et 28 janvier 2007) et Sherlock Holmes (article du 14 mars 2007), je poursuis mon enquête sur les policiers qui nous accompagnent au point d'être devenus des êtres chers (article du 9 janvier 2007). Je n'ai plus touché un Agatha Christie depuis mes 13-14 ans de peur sans doute d'être déçu. A cet âge là, j'aurais sans conteste désigné Hercule Poirot comme héros mon préféré, de même que Holmes le fut entre 16 et 18 ans et que Maigret le serait aujourd'hui. Ayant lu les principaux chefs d'oeuvre, j'ai été envoûté par leur ambiance et stupéfait par leur dénouement. Ainsi, je reste sur mon souvenir mythique. C'est d'ailleurs pourquoi je ne veux rien dévoiler à ceux qui auraient la chance de n'en rien savoir. Ainsi m'avait-on éventé le scénario du Crime de l'Orient-Express. L'intérêt de la lecture en est sorti diminué même s'il reste le plaisir d'un trajet dans ce train légendaire. En revanche, les Dix petits nègres et Le Meurtre de Roger Ackroyd m'ont totalement bluffé. Je réessaierai un jour mais fatalement avec des romans moins connus ou relirai ceux que j'ai oublié donc au risque d'être déçu (je ne me souviens plus par exemple de l'intrigue d' ABC contre Poirot). Le roman policier selon Agatha Christie est comme un jeu d'échec. L'enjeu est de trouver le coupable parmi une liste de suspects, c'est le fameux Whodunit ("who done it ?" = qui a fait le coup ?). Les micro-indices décelés par Sherlock Holmes laissent place aux cheminements psychologiques du limier, à l'étude des relations entre victime et suspect, épaisseur psychologique que l'on retrouve chez Simenon dont l'intérêt pour l'intrigue repose moins sur le suspens que sur l'immersion dans un milieu social.

 


"L'essentiel d'une bonne intrigue policière est que le coupable soit aisément soupçonné, mais que pour certaines raisons, son innocence soit également évidente, afin que sa culpabilité devienne finalement une surprise."

      

          Un nom étrange pour un héros singulier. Petit, rondouillard, les cheveux teints, âgé, nous sommes bien loin des critères habituels de l'enquêteur, comme le souligne son ironique prénom. Poirot est maniaque, vaniteux, orgueilleux, et semble parfois plus concerné par l'entretien de sa sublime moustache que par les énigmes qui se présentent à lui. A l'instar d'un Colombo, Il frise le ridicule, ce qui incite ses adversaires à le sous-estimer. C'est sans doute ce côté si humain qui fait de l'enquêteur belge un personnage si profond et si attachant pour le lecteur. Ce personnage novateur nous entraîne dans une intrigue elle aussi innovante. Dans l'univers d'Agatha, l'homme est un assassin en puissance, personne n'est immunisé contre les sentiments les plus noirs.

"Chaque assassin est probablement le vieil ami de quelqu'un."

       Agatha Christie a instauré les règles classiques, théâtrales, du roman policier, du meurtre initial à l'enquête en lieu clos, jusqu'au dénouement rendu possible par la rigueur du raisonnement. Chacun de ses romans obéit à un cérémonial bien précis. Le meurtre, l'enquête, puis le dénouement durant lequel Poirot (ou son alter ego feminin Miss Marple) expose la chronologie des événements devant une assistance composée de tous les personnages. Le tour de force de l'écrivain est, en gardant le même schéma, de se renouveler sans arrêt. Le lecteur est ainsi partie prenante de l'histoire, quasiment complice ou victime. Impossible ou presque, sauf coup de chance, de trouver le coupable avant qu'il ne nous soit révélé la mécanique machiavélique du crime presque parfait. C'est un véritable duel que se livrent auteur et lecteur/enquêteur. Pour sortir gagnante, Agatha Christie a tout imaginé et dans ce jeu du chat et de la souris avec son public, l'Anglaise s'arrange pour que nous ayons toutes les cartes en main: les détails du meurtre et du décor sont racontés avec une précision incroyable. Il n'y a plus qu'à faire fonctionner ses "petites cellules grises" pour déceler l'important, dissimulé derrière des nuées de fausses pistes et de culs-de-sac... Hastings, faire-valoir de Poirot comme Watson pour Holmes, est le reflet de ce lecteur qui piétine, qui a tout sous les yeux mais qui ne voit rien.

Peter Ustinov ( ici dans Mort sur le Nil ) est sans aucun doute le meilleur Poirot à l'écran.

        Les adaptations ont été nombreuses. Après Le Crime de l'Orient-Express de Sidney Lumet (1974)avec Albert Finney, il y a eu deux bons Poirots en la personne du génial Peter Ustinov: Mort sur le Nil (1978) de John Guillermin et Meurtre au soleil (1982) de Guy Hamilton. La série télévisée avec David Suchet est sympathique mais je la trouve inférieure aux adaptations de Maigret et de Sherlock Holmes sans doute à cause de l'acteur. D'autres films récents nous ont permis de retrouver l'ambiance jubilatoire des romans d'Agatha.

 

(article du 30 mai 2007)

Lundi 28 mai 2007

  Working class hero.

 

         Le championnat de ligue 1 cuvée 2006-2007 aura été l'un des pires. En tête, la suprématie lyonnaise depuis 6 saisons lasse car ne laisse plus aucune place au suspens et ce depuis quasiment la troisième journée. Non qu'il faille en blamer l'OL et Jean-Michel Aulas puisque son club est le seul capable de sauver l'honneur du championnat français en coupes d'Europe...et encore, l'OL s'éloigne plutôt de son objectif boulimique (championnat, coupe de la ligue, coupe de France, champion's league). Incapable de dépasser les quarts de finale, il a été battu cette année par une excellente AS Roma en 8èmes, cette même AS Roma qui se fera étriller 7 à 1 par Manchester United au tour suivant. Là aussi, on sent la fin de cycle. Les poursuivants de Lyon sont à périr d'ennui, à l'instar des Girondins de Bordeaux, le club de tous mes cauchemars.

        En bas de classement, ce qui devait arriver est arrivé. Après avoir échappé de justesse à la relégation il y a deux ans, le FC Nantes, le club de mon coeur (cf article du 4 mai 2007), a terminé dernier du classement. Après avoir détenu le record de longévité en D1/L1 (1963-2007 = 44 !), le voilà en ligue 2 et pour combien de temps ? Etant donné les problèmes structurels dans lequel ce club formateur, référence du beau jeu, s'est enfoncé pour des raisons diverses, on ne peut qu'être sceptiques sur ses capacités de redressement, à l'instar des pauvres montpellierins (venez vous faire insulter par Loulou Nicollin). En voyant le match minable contre Troyes à la Beaujoire au mois d'août (1-1) alors que le président Roussillon avait annoncé un recrutement d'enfer dans une perspective européenne, j'avais tout de suite compris.

 

 

        Si le FCNA reste le club qui a mes faveurs, il me faut toujours une alternative, une révélation à me mettre sous la dent. Il y a quelques années, c'était l'équipe de Troyes entraînée par Alain Perrin avec Jérome Rothen, puis le FC Sochaux de Guy Lacombe avec Pedretti, Frau, Santos, Matthieu et cie. Depuis l'an passée, c'est plutôt Le Mans de Frédéric Hantz. J'aurais bien voulu que ce soit le Valenciennes d'Antoine Kombouaré (un ancien nantais comme Lacombe) car il faut aussi une révélation à l'instar de Darcheville à Lorient, Drogba à Guingamp ou  Ribéry à Metz il y a quelques années. Meilleur butteur en National puis en L2, Steve Savidan était bien partie cette année. Le match contre Nantes ci-dessous où il planta 4 buts + une passe décisive semblait confirmer un potentiel à la JPP. La suite fut moins brillante (plus un seul but) et c'est encore Pauleta qui finit meilleur buteur (15 buts contre 13 mais l'un des plus faibles nombres de buts pour un meilleur buteur avec en plus des pénalties). Il est vrai qu'il est toujours facile de se refaire une santé contre Nantes. Même le PSG leur a mis 4-0 et c'est encore le FCNA, ou plus exactement ses supporters, qui a permis à Toulouse d'aller jouer le tour préliminaire de champion's league sur tapis vert (ce qui est dur pour Rennes qui s'est fait griller la place à la dernière minute).

       Au fond, il est peut-être préférable que Savidan n'ait pas brillé jusqu'au bout. Sinon, il serait parti cirer le banc d'un grand club et on ne l'aurait jamais revu, à l'instar du bastiais Frédéric Née. Car c'est cela le foot aujourd'hui. La carrière, c'est d'abord gagner des thunes quitte à ne pas jouer. Pas de respect pour les supporters, pas d'amour du maillot. Pour nous public, c'est comme pour le dopage dans le cyclisme, on doit faire semblant de ne pas savoir, d'y croire tout simplement, pour ne pas gâcher notre envie de sport et de compétition. Alors Steve, pas de bêtises et à l'année prochaine.

 

 
(article du 28 mai 2007)
 
 
Débat: La ligue 1 est-elle devenue le centre de formation des grands clubs européens ?
Samedi 26 mai 2007

Comment vous dire qu'ici c'est étroit. Réponse: ici 7 et 3.

                                    Tarmac, International.

 

       Ils seraient furieux de voir les deux groupes associés. Ces associaux moucheraient n'importe quel journaliste qui oserait considérer Tarmac comme le prolongement de Louise attaque et vice-versa. Ils insulteraient le public, s'ils étaient capables de communiquer avec lui, à qui viendrait l'idée saugrenue de réclamer une chanson de l'un au concert de l'autre. Eux, c'est Gaetan Roussel (chanteur - compositeur - guitariste) et  Arnaud Samuel (violoniste) qui forment le socle commun de mes deux groupes français préférés.

       En entendant à la radio le premier tube extrait du premier album sorti en 1997, Je t'emmène au vent , je m'étais dit qu'il s'agissait d'un groupe belge ou d'un titre de Dick Annegarn rajeuni. Pourtant Louise attaque est un groupe de la région parisienne mais qui se singularise par la voix de Gaetan Roussel, les paroles d'une poésie au charme mystérieux et le mariage d'un son très rock avec des instruments traditionnels comme le violon. Vendu à 2,5 millions d'exemplaires, l'album constitue la cinquième meilleure vente d'albums de tous les temps en France avec des hits comme Léa, Ton invitation, Les Nuits parisiennes. Elu groupe de l'année aux victoires de la musique en 1999, le groupe n'est  pas venu chercher son trophée. Ce groupe de scène est en effet d'une intransigeance absolue vis à vis de la société du spectacle et n'abuse pas de son succès pour afficher des tarifs prohibitifs dans ses concerts.

       En 2000 sort le deuxième album, toujours excellent, Comme on a dit. Je les ai vu à l'Olympia en juin de cette année là. Mon épouse, alors enceinte de 9 mois, en garde un souvenir oppressant: première partie déjà épuisante avec Dionysos, son très rock dont le superbe et interminable instrumental La Ballade de basse, les morceaux qui s'enchaînent sans pause ni dialogue ("tu penses quoi, toi, tu dis rien..."), mis à part un ou deux merci. J'en garde pour ma part un souvenir mythique: du vrai, du bon rock.

       En 2005, le groupe se reforme après deux ans de séparation, pour l'album À plus tard crocodile(traduction littérale de l'anglais See you later, Alligator, expression des musiciens jazz et blues américains). Ils commencent leur tournée à l'étranger avant même sa sortie, en Russie, en Inde et en Amérique du Sud.

 

Taratata

Si l'on marchait jusqu'à demain

au bout du compte on reste un bout de la France
au bout du monde ici on se sent bien


Notre époque résonne comme une porte close...

      

       Pendant deux ans, Gaetan Roussel et Arnaud Samuel forment Tarmac et cherchent les sons dans leur essence, les sonorités brutes des instruments acoustiques. En entendant sur France-inter l'extraordinaire Tordu tour du monde extrait du premier album L'Atelier (2001), j'ai immédiatement été converti à l'expérience et je n'ai pas regretté d'avoir acheté le CD les yeux fermés. La reprise de la chanson de Brassens Les Imbéciles heureux qui sont nés quelque part est particulièrement intéressante. A comparer avec l'air enjoué de l'originale, leur version est beaucoup plus lourde, plus grinçante. A l'occasion du second album Notre époque, tout aussi génial comme le tube Je cherche, j'ai été les voir à l'Olympia le 8 décembre 2003. Le groupe est en veilleuse comme l'avait été Louise attaque pendant 5 ans. 

 

Des frontières au pays

 

À dire
Ici tout va bien
La démocratie
Serait facile d’entretien
On dirait que des conneries


www.louiseattaque.com/

www.tarmacmusiconline.com/

par Slainte Mhath publié dans : musique
 
 
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