Slainte Mhath
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 Il faut cultiver notre jardin

Voltaire,Candide

         

  "  Si quelquechose devait me manquer, ce ne serait plus le vin, ce serait l'ivresse "

 

 

CREDO

  "Je suis un mélange d'anarchiste et de conservateur, 
dans des proportions qui restent à déterminer"

  
Le Président
Emile Beaufort
(Gabin / Audiard)

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  • : Slainte Mhath signifie "A la vôtre !" en écossais (prononcez slantch va !). C'est un hommage à mon chanteur préféré,Fish (ex-Marillion).L'alcool tue lentement mais puisqu'on n'est pas pressé, prenons le temps de partager nos sentiments dans ce pub virtuel
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Moralité

Prends le bon chemin, 
Ne marches pas dans l'ombre, 
Suis ton instinct, 
Et n'aies peur de rien

                 MERZHIN

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Mardi 6 mai 2008
La dictature, c'est "ferme ta gueule"
La démocratie, c'est "cause toujours"


 

  
         Il y a deux éceuils concernant mai 68: surestimer ou sous-estimer la pensée 68: la sous-estimer en faisant des événements un simple carnaval d'enfants gâtés, la surestimer en cherchant une cohérence idéologique exagérée. Comme le dit Daniel Cohn-Bendit, les étudiants, y compris les leaders, n'avaient pas lu les maîtres à penser qu'on leur prêtait, tel Herbert Marcuse. Ils aimaient certes les grandes théories qui permettent de comprendre et peut-être de refaire le monde mais le début anecdotique de la contestation révèle qu'il s'agit bien d'un mouvement de jeunesse dans sa fraîcheur comme dans sa radicalité.


Le 8 janvier 1968, le ministre de la jeunesse et des sports, François Missoffe, vient inaugurer la nouvelle piscine de l'université de Nanterre où sa fille (aujourd'hui Françoise de Panafieu, eh oui!) est étudiante. Depuis plusieurs mois, le campus est en agitation. Les garçons exigent de se rendre librement dans les chambres des filles, ce qui est interdit par le règlement. Un étudiant libertaire, cheveux roux en bataille, apostrophe le ministre avec insolence:
-J'ai lu votre Livre blanc sur la jeunesse. En 300 pages, il n'y a pas un mot sur les problèmes sexuels des jeunes.
-Si vous avez des problèmes de cet ordre, je vous conseille de plonger dans la piscine, répond en substance le ministre.
- Voilà une réponse digne des Jeunesses hitlériennes.
Daniel Cohn-Bendit vient de connaître une popularité qu'il va cultiver jusqu'au 22 mars.

      
        
Mai 68, c'est donc d'abord la prise puis le déchaînement de la parole par la génération du baby-boom arrivée à l'âge de son émancipation. En cela, le mouvement n'est pas la cause d'un relâchement de l'autorité et du sens de la hierarchie (familiale, sociale) mais déjà le résultat d'un assouplissement des relations intra-familiales au cours des sixtees (cf Les Tontons flingueurs ou Le Gendarme de Saint-Tropez), pour le meilleur et pour le pire. On notera à cet effet que les soixante-huitards ne sont en avance sur leur temps qu'en théorie. Par exemple, les filles ont un rôle subalterne dans le mouvement, des égéries tout au mieux et pas de pasionaria.






            S'il existe une influence originale, c'est celle des situationnistes. L'Internationale situationniste (les Situs), fondée en 1957, a deux figures emblématiques: Guy Debord, qui publie La Société du spectacle et Raoul Vaneigem qui publie son Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations, les deux en 1967. Eux-mêmes sont inspirés par des universitaires comme le Roland Barthes des Mythologies (1957) ou le sociologue Henri Lefebvre, inventeur dès 1960, de la formule "société bureaucratique de consommation dirigée" (Critique de la vie quotidienne) .






         Cette phrase extraite de leur manifeste collectif De la misère en milieu étudiant (1966) suffit à démontrer quelle a pû être leur influence sur les aspects les plus sympathiques du mouvement: les slogans, les affiches de l'école des Beaux-Arts.

    
"Les révolutions prolétariennes seront des fêtes ou ne seront pas, car la vie qu'elles annoncent sera elle-même placée sous le signe de la fête. Le jeu est la rationalité ultime de cette fête, vivre sans temps mort et jouir sans entraves, sont les seules règles qu'il pourra reconnaître..."





        Le côté carnavalesque du printemps étudiant prend pour cible la figure paternaliste et vieille France de De Gaulle qui ne comprend d'ailleurs pas ce chahut d'enfants gâtés et qui se trompe, contrairement à Pompidou, en campant sur des interprétations strictement politiques. En tant que général, que Père de la Nation, qu'autorité suprême, De Gaulle est une cible expiatoire et il finira ses jours deux ans plus tard sur cette idée de la France ingrate (le fameux et invérifiable "les Français sont des veaux").

 
 
         Reste la partie émergée de l'iceberg: la pensée gauchiste, c'est à dire l'extrême-gauche indépendante du très institutionnalisé Parti communiste. Ces contestataires se sont entraînés contre la guerre du Vietnam. Ils sont aguerris et forts de leur formation à l'entrisme, ils occupent le leadership médiatique. Ils fournissent les idoles (Marx, Lénine, Trotsky, Mao, Hô Chi Minh, Che Guevara,...), imposent le rouge des banderoles, veulent se mettre au service de la classe ouvrière, croient faire La Révolution. Certains refont 1789, d'autres 1793, d'autres 1848, d'autres la Commune de 1870. Après eux, chacun pensera refaire son mai 68, dernier espoir en date de l'utopie au pouvoir. Les intellectuels et normaliens se sont auto-proclamés titans de l'histoire dans leurs livres (romans, mémoires,...) où ils entretiennent la nostalgie de cette époque où l'on croyait encore à la politique et qu'il était réaliste de demander l'impossible. En réalité, ces groupuscules incarnent l'échec des idées politiques de mai 68 tandis que l'on a coutûme de dire que c'est le mouvement culturel qui a réussi.



 


          Paradoxalement, le mouvement soixante-huitard a accéléré l'avènement de ce qu'il prétendait combattre. Il n'a révolutionné ni les institutions ni l'ordre social. Il signalait surtout la fin de ce qu'avait été la France du général De Gaulle. Pour le reste, au lieu de nuire à la société marchande, il a ouvert la voie à la consommation de masse. La révolution elle-même est devenue un objet de consommation des plus conformistes et très sexy sur un tee-shirt. Les soixante-huitards sont entrés de plain-pied dans le système, dans les allées et les réseaux du pouvoir. Ils aiment l'argent, raffolent des paillettes. Mais pendant un mois, ils ont été heureux au sens plein du terme.

A suivre: le pays légal face à mai 68

 
 
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