Game Over

Frédéric Chichin (1954 - 2007)![]() |
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Le sérieux, ce symptôme évident d'une mauvaise digestion.
Nietzsche

On ne propose plus guère de digestifs en fin de repas sans doute parceque cela ressemble trop au p'tit dernier pour la route. On en est donc réduit à terminer la soirée avec un pisse mémé ou dans le meilleur déca. Les digestifs auraient pu en être réduits à faire flamber les crêpes. Pourtant, les ventes de ces eaux de vie (Cognac, Armagnac, Calvados,...) et de ces liqueurs (Cointreau, Grand Marnier) sont excellentes particulièrement sur les autres continents. Ainsi, le Cognac est l'un des produits français qui a le mieux adapté son marketing à la mondialisation. Aussi est-il un symbole de luxe comme en Asie (Singapour en particulier). Aux Etats-Unis, les rappeurs blacks en ont fait un symbole distinctif quand leurs homologues blancs sont restés fidèles au Whisky. Chacun sa Mafia ,Chacun sa mille-fa [...] Sip your cognac. Avec le retour du froid, il est bon de humer leurs vapeurs avant de se réchauffer le gosier.


j'l'ai pas voulue cette putain de guerre
John Rambo
La guerre du Vietnam a été la première guerre filmée et donc pensée en couleur. Les images passaient quasiment en direct à la télévision pour le plus grand malheur des Etats-Unis et leur image de grand pays civilisé. Depuis d'ailleurs, l'US army a le contrôle de la mise en scène des conflits (guerre du Golfe, deuxième guerre d'Irak).
Rappel des (mé)faits
(attention ! Images difficilement soutenables)
On croît connaître la guerre du Vietnam grâce aux films américains mais du coup, on en a oublié les mécanismes géopolitiques. La persécution des bonzes par le régime autocratique sud-vietnamien de NGo Dinh Diem provoque son renversement par la CIA et l'armée américaine intervient alors directement dans le conflit contre le vietcong. Nous sommes en 1963. Un an après la fin de la guerre d'Algérie, les Américains s'enlisent dans le même type de conflit assymétrique du faible (guérilla, terrorisme) au fort (bombardements aériens au napalm). La défaite (la première de l'histoire des Etats-Unis) et le départ précipité et honteux de 1975 laissent un traumatisme que le cinéma va aider à exorciser jusqu'au milieu voire la fin des années 80.
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De nombreux grands cinéastes ont voulu avoir leur film sur la guerre du Vietnam. Le plus grand d'entre eux Stanley Kubrick est d'ailleurs arrivé un peu tard avec Full Metal Jacket (1987). Son film ne renouvelle pas le genre même si la mise en condition des GI'S (le fameux Sir, yes Sir! ) dans la première partie et la recherche du tireur embusqué à la fin sont de grands moments de cinéma.

Mes deux favoris sont en fait les deux premiers dans l'ordre chronologique: Voyage au bout de l'enfer (titre original = The Deer hunter = le chasseur de daim) de Michael Cimino (1978) a longtemps été mon film préféré. Tourné 5 ans après Délivrance de John Boorman (1972), le film de Cimino, lui emprunte plusieurs idées: un groupe d'amis quitte un environnement paisible et civilisé pour un territoire inconnu et hostile où ils ne sont pas les bienvenus, où ils seront confrontés à une violence extrême et à la mort. Divisé en trois partie, on y voit la vie des ouvriers de la sidérurgie dans la région de Pittsburgh et des Appalaches. La psychologie des personnages laisse présager de leur capacité à supporter l'horreur de lka guerre (Robert de Niro le fort, John Savage et Christopher Walken plus fragiles). La deuxième partie porte sur la guerre et la troisième sur le retour et les séquelles. Le film comporte, entre autres, une séquence d'anthologie particulièrement marquante, lorsque les tortionnaires imposent aux prisonniers de jouer à la roulette russe.
Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, palme d'or du festival de Cannes 1979 (à égalité avec Le tambour de Volker Schlöndorff) présente deux intérêts. Bien sûr la charge contre la guerre moderne (avec le fameux bombardement au napalm sur La Chevauchée des Walkyries de Wagner). Mais c'est aussi une transpostion dans le contexte de la guerre du Vietnam du roman de Joseph Conrad Au Coeur des ténèbres (1898) qui se déroulait au coeur du continent africain. Le capitaine Willard (Martin Sheen) reçoit pour mission, en pleine guerre du Vietnam, de retrouver le colonel Kurtz (Marlon Brando) qui, dans le jungle, au delà de la frontière cambodgienne, s'est taillé un empire sur lequel il règne par le terreur. Le film m'a permis de découvrir les Doors avec le titre The End (1969), particulièrement bien choisi.
Platoon (1986) est considéré comme un témoignage plus exact sur la vie quotidienne des soldats, n'éludant aucune question comme la chiasse ou la drogue. Premier film d' Oliver Stone, il mérite l'attention puisque l'auteur a combattu au Vietnam de manière volontaire alors qu'à l'instar de ceux de sa classe sociale, il aurait pu être exempté. On voit d'ailleurs parmis les GI'S beaucoup de jeunes d'origine modeste comme nombre de Noirs. A voir évidemment sur le refus de la guerre du Vietnam la comédie musicale de Milos Forman Hair (1979).
Brian de Palma a aussi son film sur le Vietnam, Outrages (1989) avec Michael J. Fox et un Sean Penn inquiétant en criminel de guerre. Je ne dis rien de Good Morning vietnam de Barry Levinson (1988) avec l'insupportable cabotin Robbin Williams. Concernant les traumatismes de guerre, Rambo de Ted Kotcheff (1982) est assez bon tout comme Né un 4 juillet d' Oliver Stone (1989). Pour rigoler, deux films ont traité du mythe des prisonniers américains restés au vietnam: Rambo II La mission ("toi emmener moi Amérique ?") de George Pan Cosmatos et Portés disparus avec Chuck Norris (1984), assez typiques des années Reagan. Après cela, on peut pleinement profiter de Hot Shots II.










