Slainte Mhath
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 Il faut cultiver notre jardin

Voltaire,Candide

         

  "  Si quelquechose devait me manquer, ce ne serait plus le vin, ce serait l'ivresse "

 

 

CREDO

  "Je suis un mélange d'anarchiste et de conservateur, 
dans des proportions qui restent à déterminer"

  
Le Président
Emile Beaufort
(Gabin / Audiard)

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Moralité

Prends le bon chemin, 
Ne marches pas dans l'ombre, 
Suis ton instinct, 
Et n'aies peur de rien

                 MERZHIN

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Vendredi 27 juin 2008
"Il faut s'endurcir, sans jamais se départir de sa tendresse"

                                                 Ernesto "che" Guevara



L'Amérique latine est la terre d'élection du



romantisme révolutionnaire

Réflexions par l'imagerinaire




            D'abord, il s'agit du continent où les écarts sociaux sont les plus spectaculaires, à l'échelle régionale comme à l'échelle locale. Ensuite, en raison des dictatures de juntes militaires au service des intérêts économiques et géopolitiques américains dans un contexte de guerre froide tropicale, l'Amérique centrale comme l'Amérique latine ont été propices à l'essor des idées marxistes.



"Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre coeur n'importe quelle injustice commise contre n'importe qui, où que ce soit dans le monde. C'est la plus belle qualité d'un révolutionnaire"

                                                                                                                                Ernesto "che" Guevara
                     


Favelas à Sao Paulo
Le Brésil est un pays riche avec beaucoup de pauvres

 



                                                                                
La révolution mexicaine



Pancho Villa et Emiliano Zapata




           De 1910 à 1929, révolution et guerre civile déchirent le Mexique. Une période qui offre tous les ingrédients d'une épopée. Dans un cadre ensoleillé, latin, haut en couleur, des personnages étonnants se livrent à des complots, des trahisons, des coups d'Etat, tandis que sur le terrain cavaleries et trains blindés s'affrontent dans une guérilla pleine de rebondissements. De cette révolution sociale est issu le Mexique moderne.



La révolution cubaine


            C'est le renversement le 1er janvier 1959 du régime du dictateur pro-américain Batista par Fidel Castro et Che Guevara. Inutile de revenir sur la figure emblématique de la Révolution. Ce jeune médecin argentin a gagné ses galons de "commandante" dans les maquis de la Sierra Maestra. Revenons plutôt sur les photos du beau ténébreux qui en ont fait une icône.



«Dans une révolution, on doit triompher ou mourir» 

                                                                       Ernesto "che" Guevara



             Le 8 octobre 1967, le guérillero est abattu par les militaires boliviens soutenus par la CIA. La nouvelle émeut la planète et le corps du Che devient une nouvelle figure christique. Giangiacomo Feltrinelli, éditeur à Milan et du genre Cuba Si ! tire un poster avec le portrait réalisé par le photographe Alberto Korda. Un million d'exemplaires à 5 $ pièce, avec pour tout crédit "Copyright Feltrinelli". Korda lui avait offert le portrait et n'en a jamais tiré le moindre centime. Le portrait de l'homme au bérêt et au regard étoilés devient la photo la plus reproduite du siècle ! Feltrinelli était un anti-capitaliste qui avait le sens des affaires...



Les sandinistes du Nicaragua




        
           Je retiendrais cette image frappante et télévisée du Pape Jean-Paul II sermonnant en 1983 l'un de ceux que l'on appelait les théologiens de la libération. Ernesto Cardenal est un prêtre, théologien, poète et homme politique nicaraguayen. Il soutient la guérilla sandiniste qui renverse le gouvernement en 1979. Il est nommé ministre de la culture et occupe ce poste jusqu'en 1987. Jean-Paul II lui demande ici en direct de régulariser son ministère ecclésiastique.



Les Zapatistes du Chiapas:


            Le romantisme révolutionnaire se perpétue aujourd'hui au Chiapas, la région la plus au Sud et la plus pauvre du Mexique. Le sous-commandant Marcos avec sa cagoule et sa pipe reprend les mythes zapatistes et guévaristes dans des revendications à la fois identitaires en faveur des Indiens du Mexique et anti-libérales, ce qui en fait l'une des icônes de l'alter-mondialisme qui a par ailleurs installé l'un de ses leaders au pouvoir au Brésil en la personne de Lula


        

La fin d'un mythe:


            Les guérillas se sont souvent discréditées elles-mêmes car leur ambition reste d'abord la conquête d'un territoire, ce qui entraîne violences sur les civils et trafics de drogue notamment. C'est d'ailleurs ce que montrait la fin du dernier album de Tintin et les Picaros (1976). Le gouvernement change et la pauvreté reste. La plus sanguinaire des guérillas a probablement été celle des maoïstes du Sentier Lumineux au Pérou entre 1980 et 1992. L'intransigeance des FARC en Colombie achève de mettre à mal l'idéal révolutionnaire.


Libérez Ingrid !



Nous t'attendons Ingrid
Et nous pensons à toi
Et nous ne serons libres
Que lorsque tu le seras

 

Mercredi 25 juin 2008

 "Nous n'allons pas laisser un pays basculer dans le communisme à cause de l'irresponsabilité de ses citoyens"

"He may be son of a bitch, but our own son of bitch"

                                                                                                             Henry Kissinger




          En  1823, , le président américain républicain James Monroe prononçait un discours à l'intention des Européens, et fixait les grandes lignes de la diplomatie des États-Unis durant le XIXe et le début du XXème siècle. Il s'agissait de ce qu'on a appelé à partir de 1854 la doctrine Monroe, dans laquelle trois principes ont été définis : le premier affirme que le continent américain doit désormais être considéré comme fermé à toute tentative ultérieure de colonisation de la part de puissances européennes, et le second, qui en découle, que toute intervention d'une puissance européenne sur le continent américain serait considérée comme une manifestation inamicale à l'égard des États-Unis. En contrepartie, toute intervention américaine dans les affaires européennes serait exclue (isolationnisme). Depuis, l'Amérique latine est considérée comme la sphère d'influence privilégiée des Etats-Unis.

          La Realpolitik, théorisée par le secrétaire d'Etat du président Nixon Henry Kissinger dans son livre Diplomatie (1994) justifie à posteriori l'ingérence économique et politique des Etats-Unis. Des années de dictatures d'opérettes et de dictatures militaires ont profondément marqué la vie politique latino-américaine.

      Dans la première catégorie, la dictature de Trujillo en République dominicaine de 1930 à 1961 a été racontée par l'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa dans La Fête au bouc (2006).

 


         Le cas d'école est  bien sûr le coup d'Etat du général Pinochet au Chili le 11 septembre 1973 avec le support logistique de la CIA

 

Dernière image de Salvador Allende quittant le palais de la Moneda à Santiago



          Si le cas du Chili a frappé les esprits, celui de l'Argentine a été plus criminel encore. L'Argentine pour moi à l'époque, c'était le football. J'avais 9 ans en 1978 quand j'ai suivi ma première coupe du monde de foot, remportée par l'Argentine du goléador Mario Kempès en pleine dictature des généraux (1976-1982) sans menace de boycott sérieuse.

 

                  Le plan Condor était une coopération des services secrets de toute les dictatures d'Amérique latine contre la "subversion", c'est à dire tous les militants de gauche: escadrons de la mort, tortures,...

 



Dan Mitrione
,
"professeur de torture"
(Brésil, uruguay)



Les généraux Pinochet (Chili) et Videla(Argentine)



Alfredo Astiz
,
'l'ange blond de la mort"
(ESMA, Ecole supérieur mécanique de la marine argentine)

 


Plusieurs films à recommander sur le sujet:
 
Deux de Costa-Gavras:

Etat de siège (1973) avec Yves Montand raconte l'histoire de l'assassinat de Dan Mitrione par les Tupamaros en Uruguay en 1970. On lui prête la formule suivante   "The precise pain, in the precise place, in the precise amount, for the desired effect." (La douleur juste, à l'endroit juste, en quantité juste, pour l'effet désiré.")

Missing (1982): Chili, 1973. Ed Horman, un homme d'affaires américain arrive à Santiago pour rechercher son fils, Charles, porté disparu lors de la période de dictature ayant suivi le récent coup d'Etat militaire. Il mène son enquête avec Beth, sa belle fille, qui accuse l'ambassade américaine de complicité avec les putschistes

Garage Olimpo  (1999) est particulièrement intéressant. Maria milite contre la dictature militaire argentine. Un matin, elle est enlevée et conduite au Garage Olimpo, l'un des nombreux lieux de torture de Buenos Aires. En son tortionnaire, elle reconnaît Félix, un voisin timide et amoureux d'elle. Maria doit jouer le tout pour le tout : Félix est son seul espoir de salut...


 



           Le mouvement des mères de la place de Mai (Asociación Madres de la Plaza de Mayo) est une association des mères argentines dont les enfants ont "disparu", assassinés, pendant la guerre sale. Les militaires ont admis que plus de 9 000 personnes kidnappées ne sont toujours pas reconnues. Pire certains orphelins de disparus ont été confiés à des familles de militaires et découvrent aujourd'hui que leurs parents adoptifs sont ceux-là même qui ont été les complices de la disparition de leurs parents naturels...




           A lire, une enquête troublante sur la participation d'une partie de l'armée française issue de la guerre d'Algérie (dont le général Aussaresses) dans les cours de guerre anti-subversive ou d'interrogatoires poussés.


Vendredi 13 juin 2008

      Petit article fourre-tout comme  ces Souvenirs d'Afrique de Raymond Roussel qui ne sont pas des souvenirs et où il n'est pas question de l'Afrique. Je commence par la chanson mythique du conglais Zao, en hommage aux tirailleurs sénégalais . La Dette, un téléfilm de Fabrice Cazeneuve (2000), raconte la tentative de mise à l'écart d'un Poilu sénégalais d'une commémoration. Le petit montage ci-dessous a été fait avec les maigres moyens du bord, surtout pour illustrer une chanson qui dure...10 minutes.




Moi je suis ancien combattant,
J'ai fait la guerre mondiaux
Dans la guerre mondiaux,
Il n'y a pas de camarade oui
Dans la guerre mondiaux,
Il n'y a pas de pitié mon ami

En live ici



A voir




         Le film de Syney Pollack  offre les avantages d'une belle histoire romanesque et d'un contexte historique  exact (autour de la Première Guerre mondiale). Il faut bien sûr lire avant ou après La Ferme africaine de la Danoise Karen Blixen qui a inspiré le film.
         Man to man est un beau film sur les Pygmés et ces zoos humains où les Européens de la fin du XIXème venaient voir une sauvagerie qui les confortait dans leur idée d'incarner le Progrès.



Réédition de mon article du 21 janvier 2008 sur les films de guerre (7): l'Afrique



Ne te lasse pas de crier ta joie d'être en vie et tu n'entendras plus d'autres cris

                                                                                                                    proverbe touareg
 
 
       
         « L'Afrique n'est pas filmée par les Africains ! ». Si cette assertion est de moins en moins exacte, il est certain que les succès commerciaux sont encore très hollywoodiens. On peut aborder les conflits africains en choisissant le réel ou la fiction pure. Dans ce dernier cas Lord of war d' Andrew Niccol avec Nicholas Cage (2006) montre le rôle du trafic d'armes dans l'entretien des guerres civiles endémiques en Afrique.
 
 
 
 
       Le réel s'appuie quant à lui autant sur les authentiques tragédies africaines que sur notre imaginaire de l'Afrique, le coeur des ténèbres, pour reprendre le titre du roman de Joseph Conrad. Dictatures ubuesques, massacres inter-ethniques, seigneurs de la guerre, enfants soldats, le tout sur fond de néo-colonialisme, c'est peu dire que l'Afrique a gardé au regard de l'Occident son image d'obscurantisme et de cruauté sauvage. Loin de moi l'idée de lancer un débat stérile sur la part de responsabilité respective des pays riches (en liquidités et en armes) - vision tiers-mondiste - et des mauvaises habitudes africaines -vision paternaliste. La vérité est entre les deux. 50-50.
 
 
      

 

                
 
           La Légion saute sur Kolwezi de Raoul Coutard avec Bruno Cremer et Laurent Malet (1980) est une sorte de nanar qui raconte un des faits d'armes légendaires des paras de la Légion étrangère à l'époque de Giscard. En mai 1978, des rebelles katangais venant de Zambie et d'Angola attaquent la garnison zaïroise, s'emparent de la ville et l'isolent du reste du monde.Trois mille coopérants européens et américains sont pris en otages et menacés à tout moment d'un massacre collectif.
         Le hasard a voulu que j'ai regardé le film en VHS un samedi soir en novembre 2004. La nuit même, suite aux représailles  après l'attaque de la base de l'armée française à Bouaké (8 morts), le président ivoirien  Laurent Gbagbo lançait les milices des "jeunes patriotes" dans une chasse aux Blancs destinée à faire couler le sang et discréditer la France. L'attaque des quartiers européens résonnait avec celle de Kolwezi avec l'armée française comme dernier rempart.

 
 
 
          La Chute du Faucon Noir de Ridley Scott (2002) raconte la fin tragique de l'opération Restore Hope, lancée par Bill Clinton, intervention humanitaire ultra -médiatisée. L'image des corps de soldats américains profanés et traînés par terre ont fait le tour du monde. Le film raconte très exactement la chronologie du drame. C'est un pur film de guerre: pas de femme, pas de romance.

Le 3 octobre 1993, avec l'appui des Nations Unies, une centaine de marines américains de la Task Force Ranger est envoyée en mission à Mogadiscio, en Somalie, pour assurer le maintien de la paix et capturer les deux principaux lieutenants et quelques autres associés de Mohamed Farrah Aidid, un chef de guerre local. Cette opération de routine vire rapidement au cauchemar lorsque les militaires sont pris pour cibles par les factions armées rebelles et la population, résolument hostiles à toute présence étrangère sur leur territoire.

 

        Cet échec aura un effet redoutable sur l'attitude prudente jusqu'à l'aveuglement complice de la communauté internationale un an plus tard lors du génocide au Rwanda. Les soldats de l'ONU impuissants sont lâchés par tous les Etats occidentaux ( Américains, Français, Belges,...) qui violent ainsi la promesse faîte au moment du procès de Nüremberg: Plus jamais ça ! Le film Hotel Rwanda de Terry George (2005) retrace fidèlement cet événement le plus tragique de la fin du XX ème siècle avec la guerre en ex-Yougoslavie.
 
 
 
 
 
             Deux portraits de dictateurs indispensables. Le Dernier roi d'Ecosse de Kevin Mac Donald (2007) est à voir pour la performance de Forest Whitaker dans le rôle du dictateur ougandais Idi Amine Dada, de sa folie séductrice à sa folie sanguinaire dont l'apothéose est la gestion du détournement du vol Paris-Tel Aviv sur Entebbe par un commando palestinien.
            L'autre portrait est un des meilleurs documentaires qu'il m'ait été donné de voir. Mobutu, roi du Zaïre de Thierry Michel est sorti en 1999. Je me souviens de deux choses: je l'ai vu à l'espace Saint-Michel et j'avais comme voisin de siège Claude Pieplu. J'ai beaucoup rit grâce aux témoignages du président-maréchal  Mobutu lui-même: "Je suis franchement pour la réconciliation, s'il le faut l'armée l'imposera" ou encore "Je suis pour la démocratie mais pas à la lettre". Le rôle de la CIA dans son ascension et dans l'élimination de Patrice Lumumba (images exclusives de son arrestation !) est très bien décortiqué. Ensuite, la France (particulièrement Jacques Chirac et Raymond Barre ) n'en sort pas grandie. La fin de Mobutu en 1997, distribuant des billets de banque dans la forêt pour conserver le peu de soutien des populations est pathétique. Un très grand film !
 
 
 
 
 
 
 
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